Malgré le fait d'avoir déjà tout gagné avec Montpellier et la déception vécue avec le départ d'Omeyer, Patrice Canayer aborde cette nouvelle saison avec une motivation intacte et un objectif simple : arrondir le nombre de titres de champion de France du club pour son anniversaire.
Sport24.com : Patrice, l'année dernière, Montpellier a réussi un nouveau triplé sur le plan hexagonal avec le championnat et les deux coupes. Avec toute cette moisson de titres, n'existe-t-il pas un phénomène d'usure, sur le plan de la motivation, au sein du groupe ?
Patrice Canayer : La motivation reste la même d'une année sur l'autre, elle demeure toujours aussi forte. Surtout que cette saison marquera le 25e anniversaire du club. C'est une date importante pour nous, Montpellier est un club jeune, il ne faut pas l'oublier. Beaucoup de manifestations sont prévues autour de cet évènement et forcément, notre souhait est de ramener un 10e titre de champion de France pour ce 25e anniversaire. Ce serait un bel exploit et la démonstration d'une belle continuité. En tout cas, ce sera l'objectif numéro 1 du club, même si nos ambitions européennes restent également très présentes. Récemment, j'ai lu qu'un magazine allemand spécialisé dans le handball nous plaçait au 7e rang des meilleures équipes du Vieux Continent lors des 5 dernières saisons. Notre objectif est donc de ne pas le faire mentir et de continuer à se positionner dans cette élite continentale, et pourquoi pas essayer d'intégrer le top 5 à court terme.
Sport24.com : Justement, sur le plan européen, considérez-vous que la déception de l'année dernière (NDLR : élimination en quarts de finale) a été digérée ?
Patrice Canayer : Vous savez, la particularité de la Coupe d'Europe est qu'on ne vit pour ainsi dire que de déceptions. Vous ne gagnez cette compétition qu'une fois de temps en temps... D'ailleurs, le handball français n'en avait jamais ramené une avant que Montpellier ne la gagne en 2003. Gagner cette Ligue des Champions reste donc quelque chose de rare et vous êtes forcément déçus quand vous n'allez pas au bout. Maintenant, l'année dernière, je ne considère pas notre élimination comme une vraie déception. On a réussi quand même à atteindre les quarts de finale et ceux-ci sont tombés à un mauvais moment pour nous, où l'on n'était peut-être pas capable d'aller au-delà. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est ne pas rester sur cet échec et se remettre au travail en espérant que cette année, les choses nous souriront et que nous pourrons aller le plus loin possible.
Sport24.com : Pour espérer jouer sur tous les tableaux, il va vous falloir un effectif en conséquence. Comment jugez-vous le recrutement de Montpellier lors de cette intersaison ?
Patrice Canayer : Je crois que l'on a un bel effectif, d'une grande qualité. Il y a eu pas mal de bouleversements mais je pense que cette équipe peut réussir de très belles choses quand même. En tout cas, c'est une équipe avec qui je prends énormément de plaisir à travailler. Ensuite, la réalité, ce sont les matches, la compétition et il faut donc attendre encore un peu avant de pouvoir réellement juger de la valeur de Montpellier cette année.
Sport24.com : Parmi les bouleversements que vous évoquez, il y a eu le départ surprise de Thierry Omeyer sur lequel vous vous êtes exprimé assez durement au moment de son annonce. Aujourd'hui, avec le recul, votre sentiment reste le même ?
Patrice Canayer : Oui, j'en pense toujours la même chose. Je peux entendre l'ambition d'un joueur, son désir d'aller voir ailleurs mais pas lorsque l'on vient de signer un contrat de quatre ans, que l'on s'est engagé de manière réciproque en prenant autant de garanties que lui pour le futur... Je ne comprends pas comment en si peu de temps on peut décider de changer de route, d'autant plus que sportivement cela ne se justifiait pas forcément. Je regrette donc ce brusque changement d'attitude. Certes, j'ai lu ses déclarations comme quoi c'était une grande opportunité pour lui mais au risque d'apparaître un peu trivial, selon moi, quelqu'un qui cède à une opportunité est un opportuniste. Quand on prend des engagements comme les siens, que ce soit vis-à-vis de moi, des dirigeants et aussi de ses partenaires, car il ne faut pas oublier que certains décident de s'engager en fonction de ceux qui restent, je trouve très décevant la manière dont cela s'est passé.
Sport24.com : Et au niveau de la gestion de son remplacement...
Patrice Canayer : (Il coupe) La vie ne s'arrête pas de tourner quelque soit la personne qui part. Personne n'est irremplaçable, pas plus un entraîneur que les joueurs. La chose regrettable, c'est que cela s'est fait très tard et que l'on aurait aimé avoir un peu plus de temps pour se retourner et examiner diverses solutions. Maintenant, je pense que celle que l'on a trouvée est une bonne solution d'avenir avec un gardien international (NDLR : Meggaiez) de 23 ans, sans compter que l'on avait fait venir auparavant le portier de l'équipe de France juniors. Avec Daouda Karaboué, on possède donc trois gardiens d'excellent niveau qui ont tout à prouver et à gagner cette saison.
Sport24.com : Karaboué sera-t-il votre numéro 1 ?
Patrice Canayer : Non, à Montpellier il n'y a pas de numéro 1, il n'y a que la vérité du terrain et ce n'est qu'à la fin de la saison, lorsqu'on examine les temps de jeu, que l'on peut affirmer que tel joueur a été le numéro 1. Certes, il apparait légitime pour Daouda aujourd'hui de revendiquer ce poste, mais ce sera à lui de confirmer les espoirs que l'on a placés en lui sur le parquet.
Sport24.com : Aujourd'hui, le recrutement de Montpellier est donc bouclé ?
Patrice Canayer : Oui, sauf pépin de dernière minute, notre recrutement est terminé.
Sport24.com : Suivez-vous aussi le recrutement des autres équipes et lesquelles craignez-vous plus particulièrement ?
Patrice Canayer : J'ai plutôt pour habitude de me concentrer sur mon équipe sans me préoccuper des autres. De toute façon, comme il n'y a pas eu de bouleversement économique très important ou de gros budgets qui se sont montés, je ne pense pas que l'on assiste à de gros changements au sein de la hiérarchie hexagonale. Peut-être que Créteil, après un dernier exercice décevant, va revenir vers le haut de tableau. Sinon, on retrouvera toujours les mêmes clubs en haut de l'affiche. Dans quel ordre ? Ça, c'est autre chose...
Sport24.com : Sur un plan plus personnel, vous avez déjà tout gagné à la tête de Montpellier. N'y-a-t-il pas un moment où votre esprit vagabonde vers d'autres directions et d'autres challenges ?
Patrice Canayer : Vous savez, la réponse que je vous ai donnée pour Thierry est aussi valable pour moi. A partir du moment où je me suis engagé avec le club pour une durée précise, avec des objectifs bien définis, je ne pense pas à regarder ailleurs. Je suis à fond derrière mes engagements et j'aborde cette saison avec beaucoup de détermination et beaucoup de plaisir, car c'est un groupe très agréable à diriger et avec lequel, je l'espère, on pourra aller loin et combler nos supporters.




